S’il est un loisir qui fut longtemps représentatif de la Flandre (et qui l’est encore loin des regards, mais en toute légalité à quelques kilomètres de la métropole lilloise), c’est bien le combat de coqs, témoin de la vie populaire.

Au cœur de l’arène (le gallodrome), deux coqs s’affrontent pour la victoire. Une lutte sans pitié d’où il ne sortira qu’un seul vainqueur. Tout autour ce ne sont que cris et invectives ; tandis que les propriétaires (les coqueleux) encouragent leur animal, les paris vont bon train.
Souvent les gallodromes étaient situés dans l’arrière-salle d’un estaminet, à l’abri des regards.



En 1889, le roubaisien Rémy Cogghe peint l’un de ses tableaux majeurs, aujourd’hui exposé au musée de la Piscine à Roubaix. « Le combat de coqs » nous montre la foule autour du gallodrome (pour la plupart des amis peints avec un soucis de réalisme étonnant) et la férocité du combat déjà bien entamé. Cogghe a réalisé de nombreuses esquisses et croquis avant d’en arriver à un tableau spectaculaire.

En 1936, Maxence Van der Meersch, autre flamand célèbre, décrit avec précision un de ces combats dans « l’Empreinte du Dieu ».

Aujourd’hui cette tradition vit encore. Il y a environ cinq mille coqueleux, dont les « bêtes de concours » s’affrontent dans les quelques soixante-quinze gallodromes encore en activité. Les coqs s’affrontent dans des catégories, petits, moyens, lourds (plus de 4,6 kg) comme dans les combats de boxe. Tout y est réglementé, y compris la longueur de l’ergot fixé à la patte par un brin de cuir.


Scène pittoresque de la tradition locale, à l’instar des corridas plus au sud, le combat de coqs a failli disparaître à cause d’une interdiction votée en 1963. Ce fut un tollé dont les échos parvinrent aux oreilles du général De Gaulle (né à Lille) qui interdit l’ouverture de nouveaux gallodromes, mais toléra que la pratique plusieurs fois millénaire continue.