Aujourd'hui dimanche, j'ai pris le temps de lire le journal que nous ne prenons que le week-end. Un courriel publié dans la rubrique "Forum" a retenu mon attention. Et parce que je partage entièrement l'avis de ce lecteur, j'avais envie de publier son texte ici.

« La violence comme arme politique ? J'ai été choqué... »
J'ai été choqué par un article intitulé : « La violence comme arme politique ? » paru dans Nord éclair la semaine dernière. Cet article montre toute la difficulté rencontrée par la presse pour rendre compte des violences urbaines de manière objective. Le journaliste explique fort bien qu'il ne faut pas faire des jeunes violents une généralité, il rend compte des débats difficiles entre les jeunes manifestants eux-mêmes. Ce que je reproche c'est de ne rien dire sur le fond aux jeunes lecteurs. Je pense que nous n'avons plus le droit de mentir aux jeunes, nous ne sommes plus responsables dès que nous disons : « Ils sont jeunes, allez, ça leur passera ».

Respecter les jeunes, c'est leur dire, de la façon la plus claire qu'il soit, que brûler une poubelle, ça ne se fait pas. Se venger du résultat des urnes en brûlant des voitures, c'est absurde. Que de s'attaquer aux biens des autres, au travail des autres, c'est un délit. Ce n'est pas seulement lâche et minable, ça ne se fait pas et ça mérite réparation, justice. Les adultes ne savent plus parler aux jeunes. Quelle est la bonne attitude à tenir face à un enfant, face à un adolescent, et même face aux grands-parents ? L'âge est devenu une barrière pour communiquer. Faute de trouver la bonne attitude nous démissionnons.
La solution est pourtant simple. Le jeune (car il est ici question des jeunes), je ne le changerai pas et lui ne me changera pas. Par contre, si je change mon attitude à son égard, j'ai une chance, une petite chance qu'il change lui aussi d'attitude à mon égard. Et nous pouvons ainsi commencer à faire un bout de chemin ensemble.

Puisse cette campagne électorale nous avoir ouvert les yeux. L'agressivité, l'injure, la stigmatisation sont inefficaces. Les jeunes, les adultes et les vieux sont comme ils sont. Ils doivent apprendre à vivre ensemble sans se taper dessus !

Pour cela commençons par nous-mêmes ; changeons de comportement, arrêtons de mentir, de nous taire ou pire de démissionner en pensant que l'autorité on peut la déléguer à d'autres. La chaîne intergénérationnelle sera d'autant plus solide que chaque chaînon parlera aux autres et fera respecter la règle.

Jean-Marie TOULISSE, Cofondateur d'Âges Attitudes par courriel


Fin de citation.

J'aime les mots de ce lecteur, clairs, directs, limpides. Il nous parle des jeunes, des adultes (moi, nous ?) et des vieux. Pas de "seniors", "personnes agées", "xème âge", gnagnagna.... pas de "ado", "djeun", gnagnagna... il emploie les bons mots, les mots vrais. Tant il est vrai que les vieux et les jeunes sont un peu pareils. Ils ont besoin d'être écoutés, reconnus. Et les caprices des uns ressemblent tant aux caprices des autres qu'on pourrait penser que la vie est un cercle, la vieillesse tendant à nous ramener à notre point de départ.
Son discours aussi est clair, séduisant, réaliste, si emprunt de bon sens et de vérité. "Si je change mon attitude, j'ai une chance qu"il change la sienne".. Ce discours correspond pleinement à une attitude que j'essaie de tenir avec mes enfants (à ceux qui lisent : je n'y arrive pas forcément toujours !), mais ses propos sont assez proche de l'attitude quotidienne que j'essaie d'adopter.
Que les jeunes et les vieux qui sont dans ma "périphérie" me pardonnent de ne pas atteindre tous les jours mon objectif (les adultes aussi ont parfois des soucis) ; qu'ils retiennent juste que je les aime.