Je vous l’avais promis il y a quelques temps, alors voici l’histoire de Marie Sans Chemise :

En 1888, l’ancien maire d’Amiens, M. Dewailly décide de financer la construction d’une horloge. Il choisit la place Gambetta, proche de la gare pour y faire édifier cette horloge afin que les voyageurs ne ratent pas leur train.

Charles-Emile Riquier, architecte de son état, est chargé de la construction. Il se passionne également pour la ferronnerie d’art. Il exécute une colonne métallique dans le plus pur style rococo (aujourd’hui on dirait « kitch ») pour supporter cette grande horloge.

Quelques années plus tard, le sculpteur Albert Roze ajoute à la colonne une statue en bronze évoquant une déesse du printemps portant un rameau de pommier. Cette statue de femme quasiment nue provoquera un immense scandale. Tandis que les plus puritains s’offusquent, le peuple amiénois, usant facilement de la gaudriole, baptise la dame « Marie Sans Chemise ». Les amoureux s’embrassent sur son socle, tandis que les étudiants facétieux la vête d’une chemise (ou parfois d’habits plus sexy !) lors des bizutages.

Durant la seconde guerre mondiale, Marie Sans Chemise sera démontée et mise à l’abri. Seule la colonne restera debout après les bombardements ; elle sera ensuite retirée de la place et déposée dans un terrain vague où on perdra sa trace (pourtant c’était pas une petite colonne !).

Marie Sans Chemise sera ensuite remise en place, mais elle restera longtemps orpheline de sa colonne et de son horloge. C’est d’ailleurs comme ça que je l’ai connue (la statue, pas Marie !) quand j’étais jeune gamin.

Gilles de Robien, maire d’Amiens, en avait fait la promesse aux amiénois : à l’aube de l’an 2000, Marie Sans Chemise retrouvait une colonne et une horloge reconstruits à l’identique avec les plans qui avaient été conservés. Pour une fois qu’un homme politique tient une promesse, je me dois de le saluer ici.

Aujourd’hui Marie Sans Chemise est si connue que son nom est souvent attribué (à tort) à la place. Demandez la « Place Marie Sans Chemise » à un amiénois, il vous dira tout de suite où elle se trouve.



Je ne résiste pas à vous donner à voir cette photo en gros plan de la belle. Bellesahi qui fait de si belles photos me pardonnera j’espère.