Mon hôtel (enfin, celui où je vais quand il n’y plus de place ailleurs), c’est le Novotel de Rungis.

Rungis, dans la tête des gens ordinaires, c’est le MIN. La ville dans la ville, un endroit où la vie commence à grouiller à minuit, où ça bosse dur sous les étoiles, où ça mange des entrecôtes de 400g à 4h du matin, où l’argent circule par paquet de billets et où les gens vivent vieux d’avoir bu beaucoup de bon vin ou bien meurent d’avoir trop bien vécus.

Rungis-ville, c’est autre chose. J’y suis passé ce soir pour la première fois. J’ai appris que c’est là que se trouvaient les serres et les pépinières de la ville de Paris. J’y ai vu des champs (oui, des vrais champs de blé) et un petit bois, l’un des dernier si près de Paris.

Mon Novotel n’est pas trop mal. Il peut pour le prix que ça coûte. Le restaurant de l’hôtel est très bon. Les serveurs y sont aussi agréables qu’attentifs aux désirs des clients. De nationalités différentes, ils nous servent avec chacun la chaleur de leur pays. L’africain, toujours le sourire aux lèvres, est un vrai soleil ambulant. L’asiatique s’enquiert toujours de votre confort et de la qualité de ce qu’il vous sert, comme si sa vie en dépendait.

Le client est aussi varié qu’amusant. D’abord, il y a le client seul (comme moi), qui n’a d’autre choix que de parler à son verre. C’est l’homme (parfois la femme) en déplacement qui travaille pendant la journée et mange seul avant de dormir seul. Ensuite il y a les groupes (de deux à x personnes). Là ça cause boulot (au début), politique (au milieu) et sexe (à la fin)… Ils refont le monde le temps d’un repas, puis retourne à leur train-train dès le lendemain. Il suffit de tendre l’oreille (je n’ai que ça à faire et ça m’amuse) pour connaître tous les secrets d’une entreprise (bonjour la discrétion !). Et puis il y les étrangers de passage, les touristes, espagnols, japonais, chinois,…

Ce soir, il y avait un couple de chinois, assez agés. Ils ont commencé au champagne ; le monsieur prenait des photos de tous les plats en rigolant avec un appareil plus petit qu’un paquet de cigarettes. Ils étaient heureux, je crois. C’est amusant de voir un touriste chinois photographier une entrecôte-frites. Les japonais sont plus exigeants. Ils ont énervé le serveur avec leurs manières de le traiter en larbin. Ca manque un peu de classe et c’est étonnant de la part de ces gens qu’on imagine plus cultivés, plus soucieux de savoir-vivre. Les espagnols, eux, sont exhubérants, vivants, sans soucis. L’hotel, c’est comme à la maison. Et ça parle haut et fort et si rapidement que mes deux années d’espagnol ne suffisent pas à comprendre ce qu’ils disent.

Je vais me coucher ! bonne nuit à tous !