Carnet de vie

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jeudi 15 mars 2007

Le mur

Ils s'étaient frôlé des centaines de fois, sans même prêter attention, sans même déclencher une émotion, sans avoir la moindre idée d'une passion. C'était juste le frôlement de deux êtres qui marchaient sur deux routes parralèles. That's life !

Entre les deux routes, il y avait comme un mur. Un mur d'où s'échappaient de temps en temps des murmures. Ce n'était pas un vrai mur, parce que de place en place, il y avait des fenêtres dans ce mur. Ils avançaient à la même allure tranquille des gens qui vivent leur vie. Quand ils passaient en face des fenêtres, leurs têtes se tournaient l'une vers l'autre et ils se souriaient, comme on sourit au passant que l'on croise dans la rue ; juste pour montrer qu'on voudrait bien le connaître un peu plus, mais puisqu'on n'a pas le temps, on continue à avancer. Et là, il est trop tard : il n'y a plus de fenêtre, juste de nouveau le mur qui continue sur la route de la vie.
Avec l'habitude, ils avaient appris à reconnaître le pas de l'autre, de l'autre côté du mur, rien qu'aux vibrations qu'il faisait. De temps en temps, une main surgissait au dessus du mur, comme pour dire "Hé ! je suis toujours là !".
Ils avaient marché longtemps de chaque côté du mur. Des années,... une éternité ! Plutôt des années-ombres à chercher, à essayer de rattraper son ombre. Pas vraiment des années-lumières à tenter de trouver la lumière.

Inexorablement, leurs pas les avaient peu à peu rapprochés de l'endroit où le mur était en construction. Sereinement ils avaient rejoint les bâtisseurs de la honte, les empêcheurs de jouir en rond, les censeurs du bonheur. Petit à petit, le mur devint de moins en moins haut et de plus en plus fin. Dès qu'ils le purent, ils commencèrent à cheminer la main dans la main. Ils étaient toujours chacun sur leur chemin, mais n'avaient plus besoin de se regarder : ils savaient que l'autre était là, à portée des doigts. Leur obstination les mena finalement au bout du mur, à l'endroit où l'horizon n'avait pas de limite. Alors ils s'arrêtèrent de marcher, se tournèrent l'un vers l'autre et s'enlacèrent tendrement.

Maintenant, ils pouvaient bien continuer à bâtir leur mur. Tous deux savaient que rien ne pourrait les séparer, qu'il faudrait les contourner. Ils avaient trouvé la voie infinie : l'amour.

samedi 10 mars 2007

Bonheurisateur (IV)

Heureux !
REGLE N°4 :
Le bonheur n'est pas une maladie.

Et encore moins une maladie honteuse. Parfois, on voit des gens surpris d'avoir pu être heureux et presque honteux de leur bonheur. Un peu comme si le bonheur qui vous arrive risquait de vous faire paraître anormal aux yeux des autres

Rassurez-vous, le bonheur n'a de commun avec la maladie que sa contagiosité. Alors, ne craignez rien. Affichez clairement votre bonheur. Montrez-le dans vos gestes, dans vos paroles, dans vos sourires et vos rires. Ecrivez-le sur votre visage !

A suivre...