Carnet de vie

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mercredi 23 janvier 2008

Le mot dit

Vingt ans de bonheur ! Ma femme et moi avons connu vingt ans de bonheur jusqu’à ce jour fatidique où nous nous sommes rencontrés. Son premier regard m’a été fatal. Le destin m’était tombé dessus à draps raccourcis puis s’était glissé dans mont lit avec un air de ne pas y coucher. Ce jour là, c’était la fête au village. Nous nous étions déguisés pour le carnaval. Elle faisait la partie avant du cheval. Je faisais la partie arrière. Si seulement nous avions inversé les rôles, nous n’étions pas obligés de nous marier.


C’est le début du bouquin que j’ai acheté hier pour quelques dollars euros au bouquiniste dans la cour carrée de la vieille bourse.

Jean-Claude Duquesnoit que nous connaissons un peu est un farfelu. Enfin, quand je dis que nous le connaissons, C. le connaît puisque ce fut son chef. Educateur spécialisé comme elle. Je crois fermement qu’il s’était gourré de voie. Sa voie c’est plutôt la voix et les mots.

Quelques temps plus tard, il y a une vingtaine d’année, nous sommes « retombé » sur lui à « La Laiterie », restaurant « spécial bourg’ » de Lambersart où nous dînions en tête à tête. C’est C. qui l’a reconnu dans son frac à queue de pie avec son nœud pap’. Il faisait le chansonnier pour amuser le bourgeois, avec beaucoup de malice et d’humour.

Finalement, à force de triturer verbalement les mots, il a fini par trouver sa voie dans l’écriture. D’éducateur à saltimbanque, la route est longue. Il reste un inclassable.

Merci pour tes mots dits, l’ami.

samedi 19 janvier 2008

Grammaire...



Ministerium, c’est le grand-père latin. Il a eu deux enfants très différents, ministère et métier. A son tour l’aîné a eu des enfants : ministre, ministrable, administrer, administrateur. Le second est resté célibataire, il se contente de fréquenter un groupe d’amis choisis à cause de leur sens et de leur proximité comme travail, profession, fonction, boulot, job, carrière… Pour pénétrer plus avant dans une véritable famille, tu dois remonter sa généalogie jusqu’à l’ancêtre.


Ce texte est un court extrait de « La grammaire en s’amusant », véritable petit bijou pour qui, comme moi, aime les mots.

Ce livre et son frère « La grammaire est une chanson douce » sont le fruit d’un défi.

A l’origine, il y a un amphithéâtre de Rennes en 1997. Des élèves désignent le Goncourt des lycéens. Deux « Goncourt » officiels sont invités : Erik Orsenna et Patrick Rambaud. Devant la complexité de l’explication de la grammaire aux élèves, devant des manuels qui les rebutent, ils (se) lancent ce défi devant les lycéens rassemblés : « Nous allons vous écrire une grammaire lisible ! C’est juré. ».

Quelques temps plus tard, Erik Orsenna a sorti un magnifique conte, lumineux de simplicité. A tel point qu’on se demande pourquoi ce n’est pas le manuel officiel de grammaire.

Un peu plus tard, Patrick Rambaud nous offre sa grammaire, moins poétique, mais avec une façon de décortiquer et de simplifier la grammaire qui vous laisse idiot d’avoir appris tant de règles.

Joli petit duo que je classe dans une partie de notre bibliothèque. « Bibliothèque, racine : bible, c’est l’endroit où on range la bible », c’est ce que nous disait souvent l’abbé quand il venait dîner chez nous. Ces deux livres n’étaient pas encore parus, mais il connaissait la généalogie des mots !