Carnet de vie

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lundi 7 janvier 2008

Compostelle

En plein coeur de Lille, se cache Le Compostelle. Vestiges de l'hôtel Beaurepaire, ces murs édifiés sur les ruines d'un refuge des templiers datant du XIIIe siècle, datent de 1572. Ils se composent d'une façade à portique et d'un pan de mur avec une porte donnant sur un escalier à vis. La mystérieuse devise "Sans refaire" surmonte cette porte.

L'hôtel de Beaurepaire était un relais sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, ainsi qu'en atteste la coquille sur le mur et la scène où figure un pélerin.

Pendant la deuxième guerre mondiale, d'autres "pélerins" y ont défilé, puisqu'il aurait abrité une maison close.

Le bâtiment a été partiellement détruit par un incendie en 1964, puis restauré en 1971. Protégé par une façade de verre, il est aujourd'hui un restaurant, tout naturellement appelé "Le Compostelle".

C'est dans ce lieu que nous avons fêté dignement la cinquantaine approchante de votre serviteur. Approchante à grands pas puisque, à l'heure où j'écris, il ne reste qu'une dizaine d'heures avant de passer dans la deuxième moitié de ma vie (toujours optimiste !). Le repas était succulent, digne des meilleurs restaurants de cette métropole. Mais le plus étonnant, c'est la population majoritairement étrangère de ce restaurant (essentiellement anglaise). A croire que ce qui se dit sur le pouvoir d'achat des français est une réalité, hélas... Cela ne nous a pas empêché de déguster ce savoureux repas, accompagné d'une bouteille de Ménetou Salon rouge, vin que j'adore.

A la vôtre !

samedi 1 septembre 2007

LA Braderie

Week-end de la braderie !

THE braderie, celle de Lille.

Déjà hier soir, en revenant de Paris, je me suis tapé 3 kilomètres de bouchon au péage d’Arras, alors que d’habitude, il n’y pas un chat.

Mais c’est surtout un article de Nord Eclair qui m’a attiré vers ce sujet. Un article intitulé « La braderie, c’était mieux avant ? »

On y apprend que les « jérémiades » de nos contemporains sont complètement injustifiées.



A ceux qui disent « Il n’y a plus que des commerçants », Desrousseaux (l’auteur du P’tit Quinquin) apprendrait, s’il était encore des nôtres : « Sur des échoppes, des brouettes, des charrettes et sur le pavé sont exposés de vieux objets de toute nature, mais aussi grandes quantités de marchandises neuves, toutes choses d’ailleurs qu’on a vues ou qu’on pourra revoir sur des marchés de Lille ou ceux des environs. ». (in Mœurs populaires de la Flandre française – 1889)

Aux autres qui disent qu’on se marche sur les pieds, rappelons un article de 1957 : « Il était midi, rue Neuve, et l’on n’en voyait pas encore les bouts ni les côtés d’ailleurs… »

Aux derniers qui se plaignent des odeurs de merguez et de kebabs, évoquons les journaux de 1927 qui parlent de « kilomètres de saucisses ».

Alors finalement, la braderie de Lille, c’est la braderie de Lille. On aime ou on aime pas, mais celle d’aujourd’hui ressemble fort à celles d’hier.

Pour finir de mesurer l’immensité de cette manifestation, voici quelques chiffres :

- 10.000 : c’est le nombre d’exposants estimé. Estimé car la braderie de Lille c’est gratuit pour tous et, parfois, sauvage pour certains. Le tout s’étale sur plus de 100 kilomètres d’étals.
- 2 à 3 millions : c’est le nombre de visiteurs attendus chaque années.
- 500 : c’est le nombre de tonnes de déchets qui doivent être éliminés par les services propreté. La performance, c’est qu’ils font cela en un temps réduit : du dimanche minuit aux premières heures du lundi.
- 2 jours et 2 nuits : c’est la durée de cette immense fête, non-stop.

vendredi 8 juin 2007

Baptême

Encore un baptême en vue ! Rassurez-vous, il ne s'agit pas d'une naissance dans la famille :

Monsieur Olivier, maire de Bertry, me signale cette naissance ; celle de Achille le mulquinier, xieme géant du grand nord de la France. Ici la tradition fait plus que durer, elle vit et elle est vécue chaque jour par les habitants. Les géants font partie de la famille de chacun et la naissance d'un nouveau membre est toujours l'occasion d'une fête et la promesse d'autres à venir lors de sa sortie.

Achille le mulquinier est un géant de près de quatre mètres 50 et représente un tisseur en bleu de travail tenant à la main une navette. Le traditionnel "calot" sur la tête rappellera aux anciens la tradition. Il est né de la passion de l'équipe de bénévoles de Dynamic BERTRY.

La première sortie, celle qu'on considère comme le baptême, est prévue le 1er juillet. Il sera accompagné de Pénélope de Villers Outréaux (sa marraine brodeuse) et Batiste de Caudry (son parrain dentellier).

Rappelons que le mulquinier, profession souvent rencontrée par le généalogiste du Nord de la France, est un tisserand qui fabrique des étoffes qu'on appelle baptiste ou linon. Un métier très ancien dont l'origine remonte à la fin du Moyen-âge. Pour en savoir plus vous pouvez vous balader ici ou ici.

Je n'ai hélas pas de photo de Achille. La photo qui illustre ce billet est celle de "La belle Roze", sûrement ma préférée dans la famille des géants, photo prise lors de la grande sortie des géants à l'occasion de Lille 2004.

mercredi 2 mai 2007

Le Nord ramène sa fraise !


Bien que la production annuelle reste modeste – mille tonnes, soit 2% de la production nationale -, le Nord est une région productrice de fraise de qualité depuis le début du XXe siècle. Que ce soit entre Valenciennes et Maubeuge, autour de Douai ou à Verlinghem, près de Lille (capitale régionale de la fraise), 55 producteurs alimentent aujourd’hui le marché au cadran de Phalempin.

Parmi ces inconditionnels qui la ramène, on trouve Pascal Deconinck à Beuvry-la-Forêt. Ses cultures sont abritées par des serres à double paroi qui permettent de retenir la nuit la chaleur du jour, ce qui maintient une température constante de 26° sans aucune source de chaleur supplémentaire. Cela permet également d’étaler la production de fin avril avec la gariguette jusqu’à la Toussaint avec les variétés remontantes. L’autre particularité de Pascal, c’est la culture suspendue, qui présente l’énorme avantage de ne pas devoir se baisser pour la cueillette. Une cueillette qui est toujours entièrement réalisée à la main. Ce sont ainsi 45.000 plants qui donnent 40 tonnes de fraises par an.

La fraise, dans le Nord, c’est toujours l’occasion de fêtes (comme beaucoup d’autres raisons plus ou moins avouables !). Ainsi le 20 mai 2007, à Ecaillon, aura lieu la 11ème édition. Les élèves du lycée hôtelier livreront pour cette fête près de 200kg de tarte aux fraises, une braderie de près de 1000 exposants attirera les foules et on aura même droit à un concert gratuit du chanteur Dave (pour ceux qui ne connaissent pas, cherchez un peu ! indices : Davina, Swann).

Comme souvent dans le Nord, ce sera aussi l’occasion d’une sortie pour les Géants locaux. A la parade : Fraison (photo), Fraisette et Fraisinou.



Dans le même ordre d’idée, on ne manquera pas la 61ème édition de la fête de la fraise de Verlinghem (la plus ancienne) avec notamment une messe spéciale pour l’événement et un repas avec des desserts uniquement à base de fraises.

samedi 14 avril 2007

J-1

La 105ème édition de Paris-Roubaix, c'est demain.

Paris-Roubaix, c'est l'évènement mythique du cyclisme. Sûrement la course la plus dure. Mais aussi un évènement fabuleux en Flandre. On vient de tous les pays, souvent plusieurs jours avant, pour voir cette course. Hier, en revenant de Paris, il y avait des bouchons aux péages, des camping-cars qui remontaient ; c'était comme un départ en vacances, mais dans l'autre sens.

C'est aussi la course que les plus grands rêvent tous de remporter. Que les plus grands ont remportés. Louison Bobet en 1956. Eddy Merckx, après une chute, une chasse aux échappés et une victoire seul en tête. Et puis aussi Duclos-Lassalle en 1993 sous l'ovation du vélodrome de Roubaix.

Tous les ans, les Amis de Paris-Roubaix sont sur le pont pour entretenir bénévolement des kilomètres de secteurs pavés, pour nettoyer les bas-côtés, remplacer ou rejointoyer les pavés. Uniquement pour que vive cette course fantastique.

Rendez-vous dimanche, aux alentours du carrefour de l'arbre, forcément. Le secteur le plus prisé de la fin du parcours. Un secteur pavé en pleine campagne et, au carrefour, un café perdu dans la nature. Ce même café où, il y a des dizaines d'années les coureurs s'arrêtaient pour se requinquer. L'ambiance du Paris-Roubaix au bord d'une route pavée, c'est quelque chose qu'il faut avoir vécu au moins une fois dans sa vie.

A suivre : reportage en photos dimanche.

mardi 13 mars 2007

Le mal-aimé

Van Der Meersch
2007, centenaire de la naissance de Maxence Van Der Meersch. Un écrivain bien méconnu, qui a pourtant écrit 18 récits et romans, décroché le prix Goncourt avec « L’empreinte du dieu » à 29 ans, été traduit en 13 langues ; Mais surtout un écrivain qui a su raconté le Nord de l’intérieur, la souffrance des ouvriers (« Quand les sirènes se taisent ») ou celle de la population de la métropole pendant la grande guerre (« Invasion 14 ») ou encore le petit monde de la contrebande.

Van Der Meersch a vécu à Roubaix, Tourcoing, Croix, Wasquehal – pas très loin de chez nous où une plaque figure sur sa maison au bord du canal – et à Mouvaux. Nombre de ses romans ont pour cadre Roubaix, le monde de la filature et les courées.

L’écrivain est mort en 1951. Sa fille, Sarah, décédée en 1998, a légué à la ville de Wasquehal la moitié de son héritage ainsi que le fonds Van Der Meersch composé de plus de 25.000 pièces.

vendredi 16 février 2007

Les Trois Joyeuses


C’est parti pour trois jours et deux nuits de fête à Dunkerque. La nuit de l’Oncle Cô, qui aura lieu demain au Kursaal marquera le début de ces Trois Joyeuses, point d’orgue du carnaval de Dunkerque.

La Vischerbende – la bande des pêcheurs – va défiler dans les rues de Dunkerque, derrière le tambour major et les musiciens. Chahuts, chapelles, chansons – un brin paillardes -, rires et bonne humeur seront sans aucun doute au rendez-vous comme tous les ans.

Séquence émotion : tout ce petit monde finira par converger vers la place Jean Bart où les carnavaleux, à genoux devant la statue du corsaire, entonneront à pleine voix – bien qu’épuisés – la cantate à Jean Bart et l’hymne à Cô Pinard. Frissons dans le dos garantis.

A Dunkerque, le carnaval est une vraie tradition qui mêle les gens de toutes origines, de tout niveau social ; une seule religion : s’amuser. C’est même plus qu’une tradition, c’est une institution !

Quelques liens pour en savoir plus :
La Voix du Nord
Le Village
Site de la ville de Dunkerque

dimanche 4 février 2007

Combats de coqs


S’il est un loisir qui fut longtemps représentatif de la Flandre (et qui l’est encore loin des regards, mais en toute légalité à quelques kilomètres de la métropole lilloise), c’est bien le combat de coqs, témoin de la vie populaire.

Au cœur de l’arène (le gallodrome), deux coqs s’affrontent pour la victoire. Une lutte sans pitié d’où il ne sortira qu’un seul vainqueur. Tout autour ce ne sont que cris et invectives ; tandis que les propriétaires (les coqueleux) encouragent leur animal, les paris vont bon train.
Souvent les gallodromes étaient situés dans l’arrière-salle d’un estaminet, à l’abri des regards.



En 1889, le roubaisien Rémy Cogghe peint l’un de ses tableaux majeurs, aujourd’hui exposé au musée de la Piscine à Roubaix. « Le combat de coqs » nous montre la foule autour du gallodrome (pour la plupart des amis peints avec un soucis de réalisme étonnant) et la férocité du combat déjà bien entamé. Cogghe a réalisé de nombreuses esquisses et croquis avant d’en arriver à un tableau spectaculaire.

En 1936, Maxence Van der Meersch, autre flamand célèbre, décrit avec précision un de ces combats dans « l’Empreinte du Dieu ».

Aujourd’hui cette tradition vit encore. Il y a environ cinq mille coqueleux, dont les « bêtes de concours » s’affrontent dans les quelques soixante-quinze gallodromes encore en activité. Les coqs s’affrontent dans des catégories, petits, moyens, lourds (plus de 4,6 kg) comme dans les combats de boxe. Tout y est réglementé, y compris la longueur de l’ergot fixé à la patte par un brin de cuir.


Scène pittoresque de la tradition locale, à l’instar des corridas plus au sud, le combat de coqs a failli disparaître à cause d’une interdiction votée en 1963. Ce fut un tollé dont les échos parvinrent aux oreilles du général De Gaulle (né à Lille) qui interdit l’ouverture de nouveaux gallodromes, mais toléra que la pratique plusieurs fois millénaire continue.