Carnet de vie

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vendredi 16 février 2007

Les Trois Joyeuses


C’est parti pour trois jours et deux nuits de fête à Dunkerque. La nuit de l’Oncle Cô, qui aura lieu demain au Kursaal marquera le début de ces Trois Joyeuses, point d’orgue du carnaval de Dunkerque.

La Vischerbende – la bande des pêcheurs – va défiler dans les rues de Dunkerque, derrière le tambour major et les musiciens. Chahuts, chapelles, chansons – un brin paillardes -, rires et bonne humeur seront sans aucun doute au rendez-vous comme tous les ans.

Séquence émotion : tout ce petit monde finira par converger vers la place Jean Bart où les carnavaleux, à genoux devant la statue du corsaire, entonneront à pleine voix – bien qu’épuisés – la cantate à Jean Bart et l’hymne à Cô Pinard. Frissons dans le dos garantis.

A Dunkerque, le carnaval est une vraie tradition qui mêle les gens de toutes origines, de tout niveau social ; une seule religion : s’amuser. C’est même plus qu’une tradition, c’est une institution !

Quelques liens pour en savoir plus :
La Voix du Nord
Le Village
Site de la ville de Dunkerque

dimanche 4 février 2007

Combats de coqs


S’il est un loisir qui fut longtemps représentatif de la Flandre (et qui l’est encore loin des regards, mais en toute légalité à quelques kilomètres de la métropole lilloise), c’est bien le combat de coqs, témoin de la vie populaire.

Au cœur de l’arène (le gallodrome), deux coqs s’affrontent pour la victoire. Une lutte sans pitié d’où il ne sortira qu’un seul vainqueur. Tout autour ce ne sont que cris et invectives ; tandis que les propriétaires (les coqueleux) encouragent leur animal, les paris vont bon train.
Souvent les gallodromes étaient situés dans l’arrière-salle d’un estaminet, à l’abri des regards.



En 1889, le roubaisien Rémy Cogghe peint l’un de ses tableaux majeurs, aujourd’hui exposé au musée de la Piscine à Roubaix. « Le combat de coqs » nous montre la foule autour du gallodrome (pour la plupart des amis peints avec un soucis de réalisme étonnant) et la férocité du combat déjà bien entamé. Cogghe a réalisé de nombreuses esquisses et croquis avant d’en arriver à un tableau spectaculaire.

En 1936, Maxence Van der Meersch, autre flamand célèbre, décrit avec précision un de ces combats dans « l’Empreinte du Dieu ».

Aujourd’hui cette tradition vit encore. Il y a environ cinq mille coqueleux, dont les « bêtes de concours » s’affrontent dans les quelques soixante-quinze gallodromes encore en activité. Les coqs s’affrontent dans des catégories, petits, moyens, lourds (plus de 4,6 kg) comme dans les combats de boxe. Tout y est réglementé, y compris la longueur de l’ergot fixé à la patte par un brin de cuir.


Scène pittoresque de la tradition locale, à l’instar des corridas plus au sud, le combat de coqs a failli disparaître à cause d’une interdiction votée en 1963. Ce fut un tollé dont les échos parvinrent aux oreilles du général De Gaulle (né à Lille) qui interdit l’ouverture de nouveaux gallodromes, mais toléra que la pratique plusieurs fois millénaire continue.