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CAGNY
Cagny d'hier à aujourd'hui...
Cagny d'hier à aujourd'hui est la reproduction d'une brochure retrouvée dans les archives familiales. Elle a été écrite à la main d'une écriture régulière, puis agrafée de façon rudimentaire. La rouille et les souris sont venues à bout des bords, mais le texte est intact. On peut dater ce texte de la fin des années 70. Son auteur, instituteur ? historien local ? ou simple passionné du village ? n'a pas mentionné son nom, mais le travail accompli est remarquable et passionnant.
Je reproduis cette brochure ici dans son intégralité (fond bleu), en y ajoutant des compléments, des photos anciennes, d'abord en mémoire de cet auteur inconnu, ensuite en souvenir de ce village où ont vécus mes grand-parents, où est né mon père, en souvenir de cette maison sise rue Mallet qui a laissée son odeur dans ma mémoire.



Introduction
Cette brochure qui fait connaître une partie du passé de notre commune, a pour but de remémorer aux descendants des vieilles familles du village la vie de leurs ancêtres, et en souhaits de bienvenue de faire connaître en partie l'histoire de Cagny aux nombreux habitants qui se sont installés et qui s'installent encore.
Il est bien évident qu'un nombre important de renseignements, faits et dates manquent à notre recueil. La difficulté de retrouver des archives, et le temps à passer ne nous permettent pas d'aller au delà de ce qui est fait. Si cette évocation du passé vous a plu et si vous êtes en mesure de nous apporter d'autres renseignements, il sera toujours possible dans l'avenir de compléter ce recueil par une page ajoutée au bulletin communal.
Nous remercions les personnes qui par leurs renseignements, le prêt de documents, de photos, cartes postales, etc... nous ont apporté une aide précieuse.

Une partie de ce texte a été relevé aux archives régionales. Notice géographique et historique rédigée par Mr Goubet, instituteur.



Origine
La prépondérance de villages batis sur terrasses alluviales est due à la convergence de nombreuses rivières (4 villages sur l'Avre) dont le débit est suffisant pour faciliter la pénétration humaine.
Parmi les 7 tribus Gauloises, les Ambiani, tribu soumise aux Romains, peuplait Cagny et ses environs.
Cagny existait donc au temps de Jules César, ce qui est confirmé par certains auteurs qui indiquent la présence d'un camp romain dont aucune ruine, aucun travail humain n'indique maintenant l'emplacement. Il y a cependant eu au lieu dit "le bois de Cagny" présence d'une villa Gallo-romaine à cour rectangulaire orientée S.E. qui n'est plus apparente de nos jours.

Etymologie
Ancienne forme du nom
1146 Canniacum
1159 Cagneium ou Caignéio
1176 Caomi
1195 Caisni
1210 Vadiniacum, Caignycum, Kagniacum
1301 Kaigny
1435 Quengni et aussi Caÿ
pour devenir Cagny. Comment savoir le nom de ses habitants ? Certains chercheurs étymologues baptisent les habitants de Cagny : Cagneux, Canards, Cagnards.
Les Cagnards, épithète donné aux malfaiteurs sans asile vivant sous les ponts. A cause des entraves aux pieds, ces cagnards marchaient comme des canards et vivaient au bord de l'eau.
   
Les Lieux dits
Le Logis
Le Chemin de la croix
Le Courval
Les Etoupes
Le bois
Les Vignes : Ancien vignoble, la profession de vigneron existait dans notre région.
La Fontaine : Située à l'entrée du village vers Boutillerie, appelée dans les livres Fontaine Hardin ou l'Eau du Trouel aujourd'hui desséchée. Au XVIIIème siècle on voyait encore 3 pierres posées en triangle qui avaient servi de base aux piliers de la Justice (reconnue rue de la Fontaine en 1923).
La Garenne : Sur la place du village on prendra à droite la route de Saint Fuscien. Après quelques centaines de mètres, face au cimetière, début le chemin de Beauvoir. Là s'étend un bosquet à l'extrémité duquel se trouve la grande carrière de la Garenne (1). Le gisement paléolithique de Cagny, de réputation mondiale, a été connu postérieurement aux sites de Saint Acheul.
Jusqu'en 1914, le bois de la Garenne était une réserve de chasse. Victor Commont (décédé en 1918) n'a pas ignoré les gisements paléolithiques de Cagny. Il a été le premier à signaler l'abondance de l'indsutrie Moustérienne et surtout Acheuléenne dans la briqueterie Sanier (depuis briqueterie Mouly).Vers 1916 l'armée anglaise ouvrit, comme un peu partout dans le département, une carrière de graviers. L'exploitation se poursuivit entre les deux guerres et surtout à la libération sur une grande échelle (reconstruction d'Amiens). Pendant près de quarante années de nombreux silex taillés, et des séries considérables de matériel lithique furent dispersés à tout venant.
Les préhistoriens H. Breuil et H. Kelley suivirent les extractions pendant plus de 25 ans.
En 1954 l'utilisation de la pelle mécanique ayant soulevé quelques émotions parmi les spécialistes, le classement fut demandé et obtenu le 15 décembre 1959. Bonne nouvelle pour les géologues et les préhistoriens. La coupe Quaternaire la plus intéressante que l'on connaisse en Europe sera conservée et amenagée. Indépendamment des enseignements relatifs à ces phénomènes de solifluxion, la gravière de la Garenne a livré des pièces notables, de nombreux bifaces et d'innombrables éclats (2).
Outils de l'acheuléen ancien : Restes de bovidés et équidés.
Outils et éclats de l'acheuléen moyen : Molaire inférieure d' "elephas trogouthièri".
Outils de l'acheuléen supérieur : Pièces d'industrie Moustéro-Levalloisienne. Collections Kelley et Vayson de Pradenne (Musée de l'Homme), Ponchon (Ecole Normale d'Instituteurs d'Amiens).

(1) Classée monument historique
(2) Alternance d'industries à éclats et d'industries à bifaces : tout au long du paléolithique et pouvant correspondre à deux espèces humaines très différentes. Les premières correspondraient surtout aux époques froides, les secondes aux époques tempérées.
L'auteur ne mentionne pas, dans sa liste des lieux-dits, l' "Epinette".Ce lieu est pourtant renommé à Cagny ; Plus bas (Industrie) l'auteur indique que Mr Deneux, ancien maire de Cagny, s'y retirera.

Epinette
CAGNY - L'Epinette



Le moyen âge et la Seigneurie
Situé dans le voisinage du Château de Boves dont il relevait, le village de Cagny eut beaucoup à souffrir à l'époque d'Enguerrand de Boves et de son fils Thomas de Marle. Alors les seigneurs luttaient sans cesse contre les bourgeois d'Amiens, les rois de France Louis VI et Philippe Auguste (11è, 12è et 13è siècles). Les seigneurs de Boves avaient droit de Garenne (3) ouverte, de chasse et de pêche.
La "Seigneurie" était une pairie de la chatellerie de Boves, mouvant du Comté de Corbie. La justice de Cagny s'étendait sur une partie des terres de Saint Acheul. Parmi les seigneurs on trouve Guillaume Chevalier Guillin ou Willin en 1237, son fils Robert Ferry chevalier en 1311, Marie de Bullecourt dame de Cagny, veuve de Gallehaut d'Occoches en 1379. Les fiefs suivants étaient tenus de la "Seigneurie" de Cagny en 1406 : un fief au Quesnel, un à Coisy, un à Hébaricourt et Vrély appelé fief Hévis, un à Villers Bocage, une "Seigneurie" en pairie de Boves aux Chapelains d'Amiens, une autre dite le Quint de Cagny.
Les guerres de religions ont plusieurs fois fatigués les habitants de Cagny que les Espagnols pillent en 1643. En 1669 le Sieur de Candalle, fils de la défunte demoiselle de Thierry dame de Cagny s'intitulait aussi Seigneur de Cagny.
Au milieu du XVIIIème siècle la "Seigneurie" appartenait à la famille Thierry de la Genonville (fief à Moreuil) et la dernière héritière la transmit par mariage en 1790 à Nicolas de Herte seigneur d'Hailles.

(3) Garenne (n.f. bas lat Warema) Lieu boisé et sablonneux où vivent les lapins à l'état sauvage, endroit d'une rivière où la pêche est réservée.



Historique

Comme dans toutes les communes de Picardie, les habitants de Cagny rédigent en 1789 un cahier très intéressant de plaintes et doléances pour remettre à l'assemblée du Baillage.
En 1811 : Délimitation du territoire de Cagny qui n'offre aucun caractère de régularité. Il faudra attendre le plan cadastral.
Dans les années qui suivent les maires des communes prêtent le serment de fidélité au "Roi des Français", d'obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du Royaume. Quelques noms très connus à Cagny en 1837, Mr Dewailly Duroselle, 1840 et 1843, Mr Wasse Frédéric, en 1846, Mr le Baron de Latapie de Ligonie qui sera maire 40 ans environ ; il fera de nombreux dons à la commune.
En 1839 : L'école est toujours payante, le Conseil Municipal doit se réunir et prendre délibération, certaines familles paient, d'autres ne paient que la moitié, l'école devient gratuite pour les plus pauvres. Il faudra attendre la loi du 28 mars 1882 pour la gratuité de l'enseignement.
En 1852 : Monsieur le Baron de Latapie de Ligonie, alors maire, donne lecture au Conseil Municipal et à la population expressement convoquée sur la place publique du décret de proclamation de l'empire. Napoléon III "qui après la révolution de 1848 est élu président de la république" prend le pouvoir grâce au coup d'état de 1851. Il sera Empereur de 1852 à 1870. En guerre contre la Prusse, il capitule à Sedan le 1er septembre 1870.
En 1871 : Occupation de la commune pendant 17 jours par des cavaliers Prussiens. La contribution de guerre imposée par les Prussiens est de 15 millions pour le département de la Somme, ce qui fait 25 francs par habitant pour les communes rurales et 40 francs pour les villes. Une partie de la contribution de Cagny sera amortie par la vente d'arbres dans le marais communal. La commune se remet doucement des dures épreuves qui coutèrent la vie à un soldat du pays, d'autres furent blessés.
Citons un homme remarque [sic] Fr. Wasse l'inventeur de la charrue qui porte son nom et qui est répandue dans le monde entier. Ce modeste bienfaiteur est mort dans l'oubli le 23 octobre 1879.
En 1887 : Après plusieurs années de démarches et d'études entre les communes de Longueau et de Cagny et l'agent Voyer en chef, ces communes sont d'accord pour la construction d'un pont pour passage de voiture sur la rivière l'Avre. Un don de Monsieur et Madame Latapie de Ligonie et de Messieurs Deneux frères facilitera la tâche du Conseil municipal dans l'équilibre de son budget.
En 1890 : Madame Veuve Latapie de Ligonie décédée à Paris lègue à la commune un titre de rente et 2 maisons pour la fondation d'un hôpital où seront soignés les malades pauvres de la Commune.
Nous arrivons après quelques années heureuses aux grèves de 1910 et à la guerre de 1914-1918 où Cagny paie comme beaucoup de communes de la Somme un lourd tribu. Le pays est occupé, quelques soldats enfants du pays sont tués. Selon certains le Château aurait servi d'hôpital militaire.
   

En 1922 : Au mois de février, l'Etat subventionne les dépenses d'érection de monuments commémoratifs aux morts pour la patrie. La commune utilisera cette subvention pour entourer le monument d'une grille avec porte et à l'inscription des noms des militaires enterrés dans le cimetière et dont les familles résident à Cagny.

monument aux morts
CAGNY - Monument aux morts

Les noms gravés sur le monuments :
  • 1914
    • BILLIET Emile
    • JACOB Hippolyte
    • LAGACHE Charles
  • 1915
    • BRUYNEEL Marceau
    • BRUYNEEL Marcel
    • CORRADINI Pierre
    • HUME Georges
    • MALLET Ulysse
    • ROBILLARD Joseph
    • MONCHAUX Henri
  • 1916
    • LESIEUR Henri
  • 1917
    • ROBILLARD Charles
  • 1918
    • BACHIMONT Victor
    • GODBERT Camille
    • ROBILLARD Etienne
    • ROBILLARD Henri

En 1923 : Début de l'électricité à Cagny. La société électrique du nord-ouest est chargée des travaux. Pour l'eau une étude hydrogéologique est faite.
En 1925-1926 : Percement d'un puits et installation d'une pompe communale rue Wasse. L'adduction d'eau dans les habitations se fera après rattachement au réseau d'Amiens en 1949. Installation également d'une cabine téléphonique.
En 1927 : La place publique devient place Jean Jaurès et la place de la mairie, place Emile Zola.
En 1935 : Octobre : la rue de Boves devient rue Henri Barbusse en mémoire au grand écrivain et pacifiste.
En 1936 : Au recensement Cagny compte 714 habitants, 2 usines, 2 écoles. La population bénéficie des avantages que donne à tous les français le front populaire. Malheureusement cela sera de courte durée puisque nous arrivons à 1939.
1939-1944 : Cagny une fois encore perd quelques uns de ses enfants soldats ou civils tués sur les routes lors de l'exode. Une partie du village souffre de la bataille des 5 et 6 juin 1940. Les 13 mars 1943 et 15 mars 1944, le village est détruit à un très fort pourcentage lors des bombardements Anglo-Américains qui visaient la gare et le triage de Longueau où les troupes d'occupation Allemandes avaient des convois d'armes et de munitions. Les habitants sans logement, sans ressource se réfugient dans les pays avoisinants. Dès 1945 la vie reprend normalement à Cagny avec la construction de baraquements, la reconstruction en dur se fera plus tardivement et progressivement pour en arriver à ce que vous connaissez, c'est-à-dire un village proche de la banlieue Amiénoise qui compte près de 1200 habitants.



Conséquences de la guerre à CAGNY


Comme l'indique l'auteur, les journées du 5 et 6 juin 1940 ont été particulièrement dévastatrices à Cagny. La rue Mallet, entres autres, où se trouvait la maison familiale a été particulièrement touchée. La relation des faits de P. Vasselle dans son ouvrage "La bataille au sud d'Amiens" donne une idée assez précise des combats qui se déroulaient aux abords de Cagny pendant ces journées :


Matinée du 6 juin.
Aux premières heures du 6 juin, la fissure étroite créée, la veille, par la percée des blindés sur l'axe Saint Fuscien-Sains-Oresmaux, est devenu un large coin qui s'enfonce au centre du plateau et va refouler latéralement vers la Selle et vers la Noye, les éléments des sous-secteurs Est et Ouest.

Dans le sous-secteur Est, le 89ème tient toujours la ligne des hauteurs bordant la Noye, de Cagny à Estrées, mais Cagny va tomber au début de la matinée.
A 4 heures du matin, après une nouvelle préparation d'artillerie, les Allemands ont réussi à s'infiltrer dans le village de Cagny. "Il y a des Allemands partout, c'est une fourmillière", racontera l'aspirant Bocquillon, dans ses notes. "On tire avec tout ce qu'on possède. Un mitrailleur est blessé ; le soldat Vandenabielle, pourvoyeur du canon de 25, calmement et courageusement le remplace à la pièce. Les bandes succèdent aux bandes, les chargeurs aux chargeurs, mais cela ne peut avoir qu'un temps".
La progression des Allemands continue de maison en maison. Les munitions s'épuisent. A l'épaulement d'un canon de 25 près duquel se tient l'aspirant Bocquillon, le caporal Petitot qui cherchait à déceler d'où venaient les coups, tombe frappé d'une balle en plein coeur.
Aux abord du P.C. du capitaine Bouzou, l'étreinte de l'ennemi se resserre. Les Allemands, repoussés une première fois, reprennent le terrain perdu. Des alternatives d'avance et de recul se répètent à plusieurs reprises jusqu'au moment où il n'y a plus de munitions. La cave où se trouve le P.C., dernier réduit de la défense, est attaquée à la grenade. Les blessés sont nombreux. Le capitaine Bouzou est atteint, ainsi que le lieutenant Chevelotte et le sous-lieutenant Leclaire. Toute résistance devient impossible. La mort dans l'âme, le capitaine décide de cesser le combat. Il est 7h30.


Après avoir ainsi souffert pendant plusieurs mois, la région et le village de Cagny connaitront d'autres embrasements en 1943 et 1944, lorsque les bombardements alliés, tentant d'atteindre la gare de Longueau toute proche de Cagny, laisseront encore une fois l'empreinte de la désolation sur le village.


 
Décision de l'attribution de 46.569 francs à MOREL Marcel
au titre des dommages de guerre,
suite au bombardement du 13 mars 1943



Notice Géographique et Historique - 1899 - rédigée par Mr GOUBET (instituteur)
Situation et Relief : La longitude de Cagny se confond avec le méridien de Paris qui passe à l'extrémité ouest du village, sa latitude est de 49°50'25 Canton d'Amiens (sud-est) arrondissement d'Amiens. Cagny faisait partie de l'ancien Amienois, son territoire est borné par 4 communes, au NE Longueau, au SE Boves, au SO Saint Fuscien et au NO Amiens (section de Boutillerie).
La rivière l'Avre affluent de la Somme sépare le territoire de Cagny de celui de Longueau. La vallée est fort étendue, elle se ramifie au SO en 3 petits vallons dénommés vallée de Boves, vallée de Cagny, vallée au Loup. La vallée est abondamment pourvue de sources, presque chaque maison possède un puits dont la profondeur ne dépasse pas 15 mètres.
Superficie et population : Sa superficie n'est que de 529 hectares, sa population est de 498 habitants.
La population n'était que de 170 habitants en 1750. La commune compte 157 électeurs, 397 adultes de 16 ans et plus (173 hommes, 224 femmes), 145 ménages et 70 écoliers (garçons et filles). Il y a 147 maisons d'habitation.
Agriculture : Sur les 529 hectares de la commune, le territoire agricole représente 509 hectares répartis :
Terre de labour 380 ha
Terre de jardin 12 ha
Prés 12 ha
Plantation 35 ha
Bois 45 ha
Friches 25 ha
Le territoire non agricole représente 20 hectares. La rivière et les étangs étaient fort poissonneux. Ils sont maintenant presque dépeuplés. Pisciculture : Un essai d'élevage de truites se fait actuellement par Mr Ad. Deneux. Apiculture : Les ruches sont au nombre de 40, il se fait également de la sériciculture et de l'ostréiculture.
Principales cultures : Sols argilo-sileux, la moitié des terres est cultivée en céréales, 1/4 en plantes fourragères, le reste en pois, pommes de terre, ou jachère. Les pois de Cagny sont renommés et recherchés à Amiens. Ils ont un excellent rendement les années de pluies. Un propriétaire, Mr Ad. Deneux, a planté depuis 5 à 6 ans 35 hectares de terre en cerisiers, 1 hectare en vigne, 4 hectares en asperges. Il a construit une serre de 200 mètres de long pour la production du raisin de table.
La flore et la faune :
Plantes utiles : Angélique, guimauve, menthe, centaurée.
Plantes nuisibles : Belladone, cigüe, digitale, colchique.
On ne trouve plus de grands animaux sauvages. Le renard, le blaireau, la loutre se rencontrent fréquemment et les petites espèces, le putois, la fouine, la belette, le lapin restent abondantes.
Géographie économique : Administration et finances municipales : Dix membres composent le conseil municipal qui élit le Maire et l'Adjoint. Le budget communal est de 4650 Frs, s'équilibre par 4460 Frs de recettes ordinaires et 190 francs de recettes extraordinaires (annuité de 110 frs à la caisse des écoles, 80 frs à la caisse chemins vicinaux). Valeur du centime : 44 frs.
Vue générale et conclusion : Fort bien administré depuis 50 ans et grâce au voisinage de la ville d'Amiens et de la gare de Longueau, la population ne cesse d'augmenter, les maisons de chaume font place à des maisons saines et spacieuses. Bientôt grâce à la générosité de Madame Latapie, la commune aura son hôpital pour indigents. Les habitants vivent dans l'aisance et n'ont jamais connu de jours meilleurs.



Apiculteur à CAGNY
Le rucher d'Ernest MOREL
L'apiculteur pose pour la postérité
à droite : Ernest MOREL, mon arrière grand-père
à gauche (assis) Henri MOREL, mon père, toujours apiculteur !
Ernest MOREL à CAGNY



L'Eglise
Construite en pierres en 1614, une grande partie vers le portail a été reconstruit en briques en 1869.
Sur la paroi extérieure du choeur, une pierre relate un obit (4) de 1789 qui était encore exécuté dans ces derniers temps (XVIIIème siècle).
Eglise Saint-Honoré de Cagny

(4) Obit : Service anniversaire pour le repos de l'âme d'un mort.
    L'église
CAGNY - L'église



Le Château
CAGNY - Le Château
   
Le Château
Construit en briques et en pierres au milieu du XVIIème siècle sur l'emplacement du précédent (dont nous n'avons pas d'archives)..
Corniche à modillons, ailes en forme de tours rondes, une tour polugonale à l'une des extrémités du corps de logis, un étage sur rez de chaussée, toit en brisis sur le corps de logis, et en terrasses avec balustres sur les tours.
Vendu par Madame de Herte d'Hailles à Léopold Jourdain de l'Eloge, il est parvenu par succession à Monsieur de la Chaize, colonel de Cavalerie.



Industrie
Il y aurait eu à Cagny en 1379 un moulin à waides (5). Est-ce le début de l'industrie à Cagny et peut-être ce qui favorisa l'implentation de la blanchisserie de linge de table fort importante de Messieurs Deneux frères qui en 1899 occupait une centaine d'ouvriers et avait une réputation européenne.
Il est précisé qu'à l'origine les Etablissements Deneux Frères s'occupaient uniquement du traitement et du blanchiment de la toile fabriquée à Hallencourt et ensuite à Quevauvillers. Après traitement dans des bacs chlorés, la toile était décatie et étendue en longs rubans dans les prés de l'usine afin qu'elle blanchisse ; elle y était retournée plusieurs fois pendant son long séjour sur l'herbe. Dans un deuxième temps la toile mesurée, coupée, repassée par des machines spéciales (cylindres) entrait en confection pour se transformer en linge de table, de maison ou de toilette(ceci beaucoup plus tard au moment de l'innovation des éponges). Ce travail se faisait à Cagny et à Airaines pour certains brodages spéciaux. Les ateliers de Cagny étant de loin les plus importants.
La marchandise réceptionnée (magasin de dépot) et emballée était dirigée vers les grands magasins de Paris ou d'autres régions pour revente aux particuliers et grands hôtels de France, lesquels parfois passaient leurs commandes importantes à l'usine directement.
C'est peu avant la première guerre mondiale que les Frères Deneux cédèrent leur affaire pour se retirer (Epinette pour Mr Adalbert Deneux, ancien maire de Cagny). Une personne née en 1898 et dont nous tairons volontairement le nom a brodé des mouchoirs pour des soldats Australiens, confectionné des sacs de couchage pour l'armée avant que l'usine ne cesse provisoirement son activité, servant entre 1914 et 1918 d'abattoirs pour le ravitaillement des troupes (on tuait surtout les vaches, les têtes et certains abats étaient donnés aux habitants restés au village pour la soupe).
Vers 1923 les Etablissements se scindèrent en deux parties très distinctes. La première poursuivant l'activité citée ci-dessus, la deuxième devenant la "Société d'expansion économique de la Somme" plus connue sous le nom de "Blanchisserie de Cagny". Cette société s'occupait exclusivement du blanchissage des particuliers, hôtels, restaurants, collectivités, casernes, etc... Le linge ramassé dans des dépots était lavé dans des barboteuses, essoré, repassé et redistribué par voitures spéciales. La société faisait également la location du linge de table, de toilette, des draps dans les hôtels Amiénois, cette activité était très appréciée de la clientèle.
Les Etablissements Deneux créèrent pour leur personnel une mutuelle, et la Société Coopérative des Etablissements Deneux (vente d'épicerie, de linge, etc...). Toutes ces activités fortement compromises en 1940 par une destruction presque totale des batiments, survécurent très péniblement sous la forme unique de "Blanchisserie" (locaux partiellement épargnés) jusqu'aux bombardements de 1943, puis de plus en plus petitement jusqu'à la cessation définitive de 1944-1945. Les Etablissements Deneux cédés une seconde fois vers 1956 à des personnes étrangères n'ont pas été réemployés à Cagny ; cela est fort dommage pour le Pays.

(5) Waides : Mot picard désignant la guède ou pastel, plante tinctoriale dont on extraiyait une belle couleur bleue, cultivée dans toute la Picardie.



La Briqueterie
Implanté dans la Somme en 1921 à Marcelcave où est né la première briquetrie Monsieur Mouly achète en 1924 à Monsieur de la Chaize la briqueterie de Cagny, terres, stocks et s'attache à faire marcher cette affaire.La briqueterie occupe alors une cinquantaine d'ouvriers pour l'extraction de l'argile, la fabrication des briques, le séchage, la mise au four et la cuisson.
La fabrication s'effectue en 3 phases :
1) Extraction de l'argile amenée par wagonnets tractés d'abord par un cheval ensuite par une draisienne.
2) Fabrication (saisonnière de mars à fin octobre suivant les conditions athmosphériques) sur presses automatiques : moulage, démoulage, séchage.
3) Cuisson. Four au charbon (1 tonne par jour)
a) Enfournement des briques empilées dans le tunnel selon des méthodes bien précises afin de permettre la progression du feu.
b) Défournement des briques encore chaudes, mise en camions ou stockage dans les cours.
Il était plus rentable que le four ne s'arrête pas, la remise en route étant très couteuse. En 1943 à la suite d'un bombardement, la cheminée est abattue, début 1945 elle est reconstruite sur 34 mètres de hauteur, le four ne s'arrêtera plus jusqu'en 1960.
Mais replaçons nous en 1930 pour considérer l'évolution sur le plan commercial.
Après la guerre de 1914-1918, la reconstruction s'achève et les tractations deviennet plus difficiles (la briqueterie de Marcelcave cesse toute activité de 1934 à 1945).
Durant la période de la "Drôle de guerre" de septembre 1939 à mai 1940, l'activité se réduit aux livraisons nécessaires à la construction de quais militaires, de murs de protection, d'abris. Après les destructions massives causées par les bombardements de 1940 à 1944 s'ouvre une période d'intense activité, les demandes ne se limitent pas au seul département. De nombreuses briqueteries se créent ou reprennent leur activité. Monsieur Mouly est le président du Groupement Briquetier et s'occupe activement d'écouler les produits des briqueteries éloignées qui souvent manquent de moyens de transport.
De 1924 à 1974 où a cessé son activité la briqueterie de Cagny en 50 années a produit seule 220 à 250 millions de briques.
Il serait difficile de ne pas indiquer les points où ces briques apportent le témoignage de leur durée, presque de leur survie, car la brique a été considérée depuis des temps lointains comme un matériau "noble". Elle défie le temps.
CAGNY : Ecoles et plusieurs maisons
AMIENS : Des rues entières (3 cailloux, Dusevel, Sergent, Duméril, Place de l'Hotel de Ville), La cité Scolaire, le Pigeonnier, HLM rue de Cagny, Philéas Lebesgue, Restaurant des facultés "La Veillère", une grande partie de l'Hôpital.
LES EGLISES : Pigeonnier, Saint Pierre, Rivery, Oresmaux, Saint Honoré à Amiens.
POISSY : Simca Talbot : chantier de 2 millions de briques.
PARIS : Faculté des Sciences, Unesco, Centre de Recherche, Hôpital Beaujou.
NEVERS : Les lycées Blaise Pascal et Jean Moulin.
CHARTRES : Les dépôts Trouillart
BOURGES : Le centre de Matériaux
RONCHAIN [RONCHIN ?] : La maternité
ROUEN : Complexe de la "Grande Mare", maisons, écoles, église, gendarmerie, hôpital.
Et, maintenant la cheminée reste le seul témoin de ce qui a été la Briqueterie de Cagny, avec sans doute dans la mémoire de beaucoup d'enfants de Cagny de 1930 à 1955, ce merveilleux terrain ou espace de jeux où ils ont roulé sur les wagonnets de la butte aux presses, joué à cache-cache dans les "Carneaux du Four", trous de chauffe, sauté à califourchon sur les rampes, effectué leurs premiers essais de football (quelquefois avec des morceaux de vieux pneus), fumé leur première cigarette dissimulés derrière les rangées de briques sous les "halettes", ils étaient heureux !
Aujourd'hui sur les terrains d'extraction remis en état, des pavillons, des rues, une place, des arbustes, des familles, beaucoup de vie.




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