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Histoires de Carnavals
 
Les origines
 Il faut remonter au début du XVIème siècle pour retrouver les traces des premiers carnavals d'hiver dans le Nord de la France. La tradition veut que le carnaval se déroule avant la période de carême ; c'est-à-dire qu'il commence à la chandeleur (début février) pour se terminer pendant les trois jours gras (dimanche, lundi, mardi) qui précèdent le carême. L'origine du carnaval est probablement à trouver dans la dérive des processions religieuses.
 

Voici un bref panorama de l'histoire
du carnaval du temps jadis dans quelques communes.

 
Cambrai
 Au milieu du XVIème siècle, le mercredi des Cendres était nommé jour de la Saint-Pansart, les trois jours gras précédents ayant contribué à développer la panse. Le mardi le cortège de Saint-Panchart circulait dans les rues. Plus tard, en 1835, le carnaval de Cambrai devient plus désordonné : On y trouve pêle-mêle les tambourins et les grelots, les Gilles, des pierrots et des arlequins, auquels se joignent les masques, personnages déguisés et masqués. En ce pays de filature, les costumes et les perruques sont souvent fabriqués "maison" à partir des tissus de récupération et des chutes.
 
 
Cassel
 Bien qu'il ait maintenant lieu à Pâques, Cassel avait jadis son carnaval qui commençait le jeudi précédant les jours gras par le défilé d'un char dans la ville. Le jour du carnaval, les masques parcouraient la ville et on promenait deux mannequins, nommés Papa Reuze et Maman Reuze (Reuze signifie Géant en flamand), accompagnés d'un cheval jupon. Autrefois, un char figurant un four permettait de "recuire les vieux" : on y entrait des vieux mannequins et on en ressortait des jeunes gens et des jeunes filles.
Cheval jupon
 
 
Douai
 
 
Le mardi gras à Douai, les charretiers du Rivage et les garçons brasseurs réunis et masqués parcouraient la ville au son de cornets et autres instruments à vent rendant un son grave et lugubre, on les appelait les Pimperlots. L'un d'eux habillé en prêtre sur un char était sensé tenir le livre des destinées dans ses mains, c'était l'orateur. Cette troupe masquée précédant le char décoré de feuillage se présentait devant les maison où la rumeur publique annonçait que l'on faisait mauvais ménage. Les cornets à bouquins rassemblaient le peuple puis l'orateur du haut d'une estrade, à colonnes garnies de verdure et des attributs de la boisson, pérorait d'une voix de stentor sur les avantages inappréciables d'un bon ménage, apostrophait indirectement les deux époux et racontait souvent des anecdotes piquantes. Il finissait par une pathétique péroraison accompagnée de fréquentes gesticulations faites par un petit singe de bois, qu'il tirait de dessous son costume et au nom duquel il invitait à l'union ; enfin il bénissait l'auditoire avec le magot. Les "victimes" ne manifestaient jamais aucun signe de mécontentement ni de mauvaise humeur.
On prétend que le mot pimperlot est formé de pinte et de lot, mesures de capacité équival'une au 1/2 litre et l'autre au double litre et qu'on a donné ce nom à ces aimables farceurs parce qu'ils aimaient mieux boire par lot que par pinte !(1)

 
 
 
 
Dunkerque
 C'est sans conteste le carnaval le plus pittoresque du Nord de la France. On trouve déjà des traces du carnaval à Dunkerque au XVIIIème siècle. Caractérisé par la "bande des pêcheurs" (Visserbende), héritage des dernières réjouissances des pêcheurs à Islande avant leur départ pour la campagne de pêche, le carnaval de Dunkerque est un immense défilé où tout le monde est grimé, déguisé, chante et danse derrière Cô Pinard, le tambour major. Les orchestres se mêlent aux parapluies multicolores montés sur des manches. Le défilé se terminera, comme il se doit à Dunkerque, place Jean Bart.
 
 
Lille
 A Lille, le dimanche et le mardi gras, les ouvriers se constituent en sociétés et défilent à pied. Les chars le tambour major sont de la partie, accompagnés de musiciens. Des chanteurs entonnent des chansons en patois ; ces chansons satiriques s'attaquent souvent, par des allusions à peine voilées, aux personnes desquelles on a à se plaindre ou qui ont données lieu à un scandale.
 
 
Solesmes
 L'un des plus vieux carnaval du Nord, si on en croit un fabliau du XIIème siècle, dans lequel on trouve :
   
Eau claire toudis
de l'étranger n'aie nul souci
Sus aux pucelles et aux amis
Egards aux mères, aux vieux aussi

    La légende nous apprend que les moines d'un monastère détournèrent le Beart, rivière locale, à l'occasion d'un été particulièrement chaud. Les habitants privés d'eau attaquèrent les moines avec femmes et enfants à coups de buquots (vessies remplies d'eau). Par la suite les vessies furent remplacées par des baquets, puis par commodité par des seringues à bestiaux. Chaque seringue contient 2 à 3 litres d'eau et les seringueux, vétus pour la circonstance, n'hésitent pas à arroser tout ce qui bouge. En 1908 les autorités décident de supprimer le carnaval, mais sous la pression locale, et malgré l'interdiction qui tient toujours, les seringueux réapparaissent l'année suivante. Le géant Barbari, né en 1953, sortait affublé d'une seringue.
 
 
Valenciennes
 Au XVIème siècle, on promenait un mannequin. Les broutteux (transporteurs de bière sur une brouette) se chargeaient de l'immersion du mannequin. A la fin du XVIIème siècle, le mannequin est remplacé par un polichinelle portant son ventre sur une brouette, puis par la suite, par un mannequin de paille qui finit brulé. En 1855, une société philantropique entend remplacer la grivelerie du carnaval par un cortège décent qui reverse aux pauvres le produit de ses quêtes.
   
BINBIN
De tout cela, il nous reste aujourd'hui le géant BINBIN, né en 1808, et sa chanson :

Turluttutu Binbin qui pète
Turluttutu Binbin qui pue
Si ça continue
On lui mettra un' trompett' à s'cul

Sources : (1) Le carnaval traditionnel dans le département du Nord, Bernard COUSSE, PLEIN-NORD 1978

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