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DUNKERQUE

LETTRE D'UN PÊCHEUR A SA FEMME
Novembre 1867

En 1988, fut présenté au Musée de Dunkerque une exposition consacrée
aux « pêcheurs d'Islande » qu'on appelait les « Islandais ».
Parmi les documents, objets et souvenirs, se trouvait une lettre d'un pêcheur à son épouse.
Emouvant et sobre...

 
 
Grismoute le 2 Novembre 1867.

Chère épouse, je m'empresse de t'écrire ces quelques mots pour t'apprendre que nous sommes arrivés à Grismoute aujourd'hui, car tu me crois sans doute plus du monde depuis longtemps mais Dieu a bien voulu nous conserver la vie malgré tous les grands dangers que nous avons été exposés.
Je te dirai chère épouse que nous avons eu le malheur de perdre notre pauvre navire le 9 septembre dans la Baie de Forestonne en Islande et plus malheureux encore c'est que nous avons perdu une partie de nos effets et nous n'avons pu rien sauver de tout ce qu'il y avait à bord du navire car le navire tout plein d'eau quand nous sommes débarqués avec les embarcations et quelques heures après le navire était démoli par morceaux.
Enfin chère épouse c'est un grand malheur de tant souffrir et avoir tant de peine pour ne rien gagner et cependant nous ne pouvons qu'y faire, nous devons remercier Dieu de nous avoir conservé la vie. La triste position que nous nous sommes trouvés pas un de nos amis étant sauvé si Dieu ni avait pas pourvu.
Enfin le principal est que nous sommes encore du monde. Je demande à Dieu que ma présente lettre te trouve dans la même position qu'elle me quitte ainsi que notre enfant et toute la famille. C'est ce que je désire du plus profond de mon coeur pour tout le reste il faut espérer que Dieu aura pitié de nous. J'espère que nos plus grandes peines sont passées et que dans 6 ou 7 jours nous serons à la maison.
Plus rien à te dire pour le moment je te prie de bien embrasser notre enfant pour moi. Des compliments à ta mère ainsi que la mienne, à nos frères et soeurs et à toute la famille d'un côté comme de l'autre et à tous ceux qui veulent s'informer de moi.
Chère épouse, je finis de t'écrire et non de t'aimer et je suis pour la vie ton fidèle époux.


Louis Dollet

 
 

Sources :
Texte reproduit dans son intégralité et tiré de : "Au temps des artisans" Monique Teneur Van-Daele.


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