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LARNAGOL : La journée du 10 avril 1944


Le texte ci-dessous est issu d'un manuscrit
qui m'a gentiment été prêté par Wilfrid ORTALO-MAGNE.
Ce texte a été écrit par Marie Louise Magné,
née Breil, alors qu'elle avait plus de quatre-vingt ans.
Marie Louise est née en 1895 au Ruisseau à Larnagol.
Au moment des faits elle avait 49 ans.


Sauf faute de frappe, la graphie, la ponctuation et l'orthographe originales ont été respectées.
Pour une meilleure compréhension du texte, j'ai ajouté les accents absents dans le texte original.

Reproduction de la journée 10 avril 1944

A la pointe du jour au matin du 10 avril 1944 après avoir construit une chicane sur la route de Cajarc au fond de la route du cimetière. Ils placent des mitrailleuses en plusieurs points. Une sur la tranchée une seconde dans une ruine à la Trincade, une troisième à Pech Fama, de tous ces points ils dominent la route allant vers Cajarc.
De Cajarc quelqu'un téléphone à Cahors à l'Etat Major Allemand leur demendant de venir d'urgence à Cajarc.
Vers 10 heures 3 voitures emmenant des militaires Allemands allant vers Cajarc au moment où ils passent dans la tranchée après le pont du Ruisseau. de sur la tranchée où était posté le maquis ils lancent des bombes sur les voitures de ce fait elles sont immobilisé.
Les militaires qui occupent les voitures. ils descendent dans le champs en contrebas deux ont fui vers la plaine un a été atteint par une balle dans un champ dans l'île le second passe sur la chaussée et arrive à l'usine chez Pradelle il lui demande un vélo pour aller téléphoner. Les autres ont longé le Ruisseau mais des postes du Maqui ils les voyaient et leur tiraient dessus. Il s'en est sauvé un qui a pu arriver à Larnagol il a demandé un vélo à Dajean pour aller Téléphoner à St Martin affin d'appeler Cahors. Cahors est monté de suite. A conduché un détachement a suivi le Célé il est allé à St Chels où se trouvait le maqui afin de protéger Cajarc. Là le maqui a perdu un des leurs à cet emplacement où se trouve aujourd'hui un monument érigé à sa mémoire.
le reste du convoi arrivé à St Martin ils vont vers Larnagol tout en se méfiant à Lascombe. Ils fouillent les maisons ils prennent Garrigues et un jeune breton réfugié chez lui. Ils continu vers Larnagol ils rencontrent sur la route Clément Gendra et Vernet Charles et les font suivre.
Arrivé à Larnagol ils rentrent dans le village fouillent l'église en faisant suivre Dajean jusque au Clocher après cela ils prennent le chemin de la Trincade arrivés ils installent une mitrailleuse alors ce fut la fusillade ils se trouvent face à celle du maqui de sur la tranchée pendant plus d'une heure et demi jusque au moment où les maquis s'enfuient vers Cajarc en passant sur le plateau de Neules. Ils laissent un des leurs blessé dans la grange qui est aujourd'hui à Monsieur Angé les allemands le trouvent le jettent en bas sur le chemin et le poignarde. Triste chose nous étions mon mari et moi témoins de cet acte de cruauté. Toujours en passant sur le plateau ils perdent un des leurs Kéméré un breton ils continu et arrive à la maison Belvezé qui est aujourd'hui la maison Labro. Traversant dans la plaine ils suivent le chemin ils arrivent chez Ségala avec eux ils font suivre un blessé. Ségala le cache dans la grange sous la paille. Durant ce temps les Allemands voyant fuir le maqui se mettent à leur poursuite ils les suivent ils arrivent sur la route en face chez Ségala de dessus ils l'aperçoivent en bas devant la grange. De suite ils descendent ils fouillent la grange malgré cela ne trouvent pas le blessé mais ils emmènent Ségala. derrière lui se tenaient deux soldats une mitraillette sur chaque épaule et l'oblige à marcher et à fouiller tout le coin de la plaine avec eux. De sur la route ils avaient vu fuir les maquis ils voulaient les trouver ils y ont réussi ils étaient caché dans le Lot sous des arbres au premier passage ils ne les ont pas apperçus mais lorsqu'ils sont passé une seconde fois ils les ont vu et les ont emmenés ils étaient quatre après cela revenus chez Ségala ils le laissent libre repartent en passant chez Saules ils rentrent dans la maison demandent ses papier le voyant jeune et de la Corrèze le prennent pour un maqui et l'emmènent. Après cela ils retournent au Ruisseau retrouver les chefs et les camions. De ce temps ils ont mis ceux qu'ils avait déjà pris auprès du mur les bras en l'air. Après cela ils vont dans les maisons pour prendre les hommes et les femmes chez Magné, chez Breil et chez Dur. En tout 18 personnes avec Garrigues, le jeune breton, Charles Vernet, Clément Gendra et Saules tous allignés les bras en l'air. Deux soldats viennent nous prendre et nous emmènent dans la tranchée sur la route entourés de soldats mitrailleuse au bord du fossé prête à fonctionner.
Ils nous ont questionnés pour savoir comment cela s'était passé bien sûr on ne savait rien.
Avec eux il y avait un interprète qui discutent avec l'officier. Il lui disait que nous n'en étions pas la cause que c'était le maqui qui avait fait le coup.
A force de discuter et de plaider pour nous il a fini par convaincre l'officier.
Après une heure de temps l'interprète est venu nous trouver et nous a dit "Vous pouvez disposer" et bien sûr lui avons dit merci et nous sommes partis chez nous. Ils ont gardé Saules et le Breton qu'ils ont emmenés à Toulouse.
On a su depuis qu'ils avaient été fusillés sauf Saules qui est revenu quelques mois plus tard. Le jeune Breton a été déporté.
Ensuite les soldats se sont dispersé dans trois maisons ils ont demandé à boire et manger bien sûr on s'est exécutés. Parmi eux se trouvait un soldat qui parlait Français. Il disait Stalingrad enfer de Stalingrad. Ici nous Allemands perdu six des nôtres Français pas de représailles il n'était pas satisfait il aurait voulu se venger. Lorsque nous étions dans la tranchée un soldat pointait sa mitraillette sur ceux qui étaient alignés. Il faisait signe à celui qui était en face en appuyant son doigt sur la gâchette quant esse on nous donnera ordre de tirer. Vous pouvez penser dans quel état nous étions on craignait d'être fusillés et la crainte encore plus grande d'être déporté à choisir tout le monde préférait rester sur place.
Après avoir bu et mangé ils sont allé rejoindre les chefs et les camions, de la maison nous avons assisté à leur départ pour Cahors.
Nous avons su par la suite que l'interprète était Autrichien qu'il avait fait ses études en France et qu'il aimait beaucoup la France.
L'armée qui est venue à Larnagol c'était l'armée d'occupation. Après ce coup dur il est venu à Cahors de S.S. cet interprète s'est trouvé dans des cas semblables.
Il n'a pas pu intervenir il y a eu parfois beaucoup de mal et de dégats.
Au moment qu'ils ont quitté Cahors il est reparti avec l'armée et est rentré en Allemagne.
Plus tard il a fait savoir de ses nouvelles disant qu'il était professeur au lycée de Salsbourg en Autriche et pour réintégrer sa place il lui fallait une attestation comme quoi en cette circonstance il nous avait protégé.
Tous ceux qui étions dans la tranchée en tout 18 personnes reconnaission que grâce à lui nous avions la vie sauve et nous avons été heureux de lui rendre ce service. Plus tard avec tristesse nous avons appris qu'il avait été fusillé.
Cela a causé beaucoup de peine à tous ceux qui l'avait connu. On garde pour lui une reconnaissance respectueuse et affectueuse.
Je joins à cela le texte d'une lettre qu'il nous avait adressé par l'intermédiaire des amis qu'il avait connu à Cahors.


Reproduit par Marie Louise Magné à Larnagol ayant vécu ses heures pénibles en cette journée du 10 avril 1944 en face chez elle le Ruisseau à Larnagol.
En complément vous trouverez en cliquant ici un article de journal relatant cette journée.

Vous pouvez également consulter cet article paru dans La Dépêche,
ainsi que cette excellente page sur Quercy.net à propos de la résistance en Quercy.






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