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MERVILLE

Des origines à la Révolution

Le premier seigneur de Merville connu est Maurand, fils de Rictrude et de Adalbald. Maurand aurait eu pour parrain Saint Riquier. On mentionne que vers 660, celui-ci, riche seigneur de Douai, possédait d'importants domaines au bord de la rivière de Lys, à Bruël. Vers la fin de sa vie, Maurand fonda, sur ce territoire de Bruël, un monastère qui suivait la règle de Saint Benoît. Il y serait mort en 701. Le monastère, richement doté, fut ensuite entouré d'une agglomération, laquelle prit le nom de Maurontville. Cette dénomination se transforma ensuite en Merville. Toutefois, cette version fut par la suite contestée, et on opte plus généralement pour l'appellation Merinvilla, appellation qui est d'ailleurs mentionnée dans la Ghisle de Merville en 1451.

En 879, les Normands remontant la Lys détruisent Merville et son abbaye.

Vers 970, les moines de Merville reviennent à Douai pour y fonder une collégiale et se transformer en un Chapitre de chanoines suivant la règle de Saint Chrodegang.
Ils reviendront ensuite s'installer sur les terres de Merville et obtiendront en 1076 deux diplômes confirmant leurs droits et biens de Merville. Un de ces diplôme, émanant du Roi de France Philippe 1er déclare en substance : "…totam Merinvillam, ab antiquis Broïlum nominatum, juxta Lisis fluvii decursum sitam, cum silvis, pratis, molendinis ; terris cultis et incultis, cum edcima, cumque omni respectu persolvende legis." ("Tout Merville, autrefois appelée Bruël, au bord de la rivière de la Lys, avec ses forêts, ses prés, ses moulins, ses terres cultivées ou non, avec sa dîme et tout ce qui a trait à la justice.").

En 1177, Merville connaîtra encore la dévastation, lors de la guerre qui oppose Baudouin IX, comte de Flandre et Philippe-Auguste, Roi de France. La ville sera pillée et les ponts aux alentours détruits. La région connaîtra des conflits jusque vers 1120.

A partir de 1224 un différend va opposer les comtes et comtesses de Flandre et la Châpitre de Saint-Amé au sujet de Merville. Ces difficultés vont durer jusqu'en 1265, date à laquelle un jugement sera rendu par des arbitres désignés conjointement. L'organisation municipale de Merville suivra alors les mêmes règles administratives et judiciaires jusqu'à la Ghisle accordée en 1451 par Philippe le Bon.

En 1384, Philippe le Hardi devient comte de Flandre, et la Flandre devient Bourguignonne.

En 1431, les Mervillois se voient accorder le libre exercice de la fabrication et de la vente de draperie.

Le 2 septembre 1451, Philippe le Bon signait la ghisle de Merville, véritable charte de la cité constituée de 49 articles.

En 1553, le doyenné de Merville est créé. Il compte alors 14 paroisses. Mais lors de la remise en ordre territoriale de 1558, il n'en compte plus que onze : Merville, Nouveau-Berquin, La Gorgue, Estaires, Haverskerque, Thiennes, Sercus, Blaringhem, Tille et Ebblinghem.

En 1580, Merville est de nouveau la proie des pilleurs. Les huguenots flamands se voyant barrer le chemin sur la Lys s'emparent de la cité. Un chroniqueur de l'époque note : "Le bourg fut pillé, brûlé, d'aucuns, sauvés en l'église, y furent fricassés, qui fut cause qu'une si belle et si riche place fut toute gâtée…".


Merville au XVIIème siècle
Le XVIIème siècle sera encore pour la Flandre une période de conflits. Située au centre de nombreux déferlements de troupes opposants Français et Espagnols, Merville est dévasté à plusieurs reprises ainsi qu'en témoignent les anciens : "Nous, anciens bourgeois et habitants de la ville et de la paroisse de Merville, soussignés, certifions et attestons que, depuis l'an 1645 jusqu'à l'année 1660, ledit lieu de Merville a été brûlé et pillé, avec les papiers du greffe qui ont été dispersés de part et d'autre par les militaires des garnisons voisines et armées, tant de France que d'Espagne, qui ont passé et repassé et séjourné plusieurs fois audit lieu de Merville".

En 1659, le traité des Pyrénées rétablit provisoirement le calme dans cette région en proie à de continuelles invasions et de nombreuses guerres. Saint-Venant et Calonne-sur-la-Lys, villages voisins, deviennent français, mais Merville reste flamande. Il faudra attendre la paix de Nimègue, en 1678, pour que Merville devienne définitivement française. C'est à peu près à cette époque qu'a lieu à Merville un procès pour sorcellerie à l'encontre de Jeanne Delécluse.

Jusqu'à la Révolution, l'activité commerciale et l'agriculture ne cesseront de se développer à Merville. La région bénéficiait de "privilèges". La Flandre était exempte de gabelle, et c'était la seule région avec l'Artois qui pouvait cultiver le tabac en toute franchise. L'intendant de Flandre écrivait au sujet de Merville à la fin du XVIIème siècle :"Merville, au bord de la Lys, appartient au Chapitre Collégial de Saint-Amé de Douai. La ville, et son circuit, contient 644 maisons, 2958 habitants, 4854 mesures de terres qui produisent de tout ce qui croît en Flandre - surtout du lin -, ce qui explique qu'on y fait beaucoup de toiles ; les terres y sont grasses et difficiles à labourer, mais d'un bon rapport…".

Entre 1736 et 1739, Merville entreprend le pavage d'une partie des rues de la ville, et c'estre 1750 et 1760 que la culture de la pomme de terre commencera réellement dans la région. Elle deviendra la culture principale de Merville et sera reconnue pour se qualité dans toute la France.

C'est à cette période que les industries du linge de table, de la toile vont se développer.
L'extrait suivant nous en apprend beaucoup sur l'importance de cette activité à Merville, mais aussi sur la difficultés rencontrées par les entreprises face aux administrations :

"En 1764, M. Hadou, qui avait été nommé échevin l'année précédente souhaite être relevé de cette charge pour se consacrer entièrement à son entreprise.
Il rencontre en effet, comme tout le Magistrat, l'hostilité du Chapitre de Saint-Amé avec lequel il voudrait pouvoir négocier librement l'échange du fonds sur lequel est bâtie la manufacture.
Celle-ci fonctionne avec 53 métiers pour les nappes, 19 pour les serviettes et occupe 1154 personnes (des deux sexes).
Les enfants de la fabrique vont gratuitement à l'école fondée pour eux : une heure le matin, une heure l'après-midi. On leur apprend à lire et à écrire et on leur donne l'instruction religieuse. Les autres enfants pauvres de la ville peuvent fréquenter cette école.
[…]
Les produits de la fabrique sont excellents, meilleurs que ceux de Courtrai et des Pays-Bas autrichiens. Ils sont demandés par de nombreux commerçants du royaume (ceux de Lille notamment). Or ces produits sont vendus avant même d'être terminés, faute d'un nombre suffisant de métiers."




Commune enserrée entre des rivières à faible pente, Merville a souvent été sujette aux inondations. Celle de 1784 occasionna des dégâts considérables, s'étendant jusque Hesdin et Frévent. Le gouvernement accorda des secours aux plus nécessiteux, notamment pour la reconstruction et le remplacement des bestiaux.




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