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SORCIERES EN NORD
   
 
Pour les paysans de l'époque médiévale, la sorcellerie permet de résoudre les problèmes de la vie quotidienne liés à la vie et à la mort. Ces hommes des campagnes ont recours au rebouteux, à la guérisseuse, à la sorcière pour aider une naissance, guérir une maladie, ramener l'amour dans le couple ou l'argent au foyer. Malgré ces bons côtés, la sorcière est également crainte pour le mal qu'elle peut faire en provoquant la mort des animaux du voisin ou de l'amant de la femme.

La croyance populaire de l'existence de sorcières ou d'êtres surnaturels capables de voler la nuit est fortement ancrée. Toutefois, jusqu'au XIIIème siècle les lettrés refuse cette croyance qu'ils assimilent à des cauchemars. L'Eglise, bien qu'estimant ces croyances contraires à la foi, ne les condamne pas sévèrement.

Cet état de fait va changer au début du XIVème siècle sous l'impulsion de divers événements :
- Les Templiers déclarent qu'ils ont renié le Christ et craché sur la croix. Jacques de Molay est brulé et l'ordre des Templiers est supprimé.
- Un évêque de Troyes est soupçonné d'avoir envoûté la reine de France, Jeanne de Navarre.
- La comtesse d'Artois, Mahaut, est accusée d'avoir fait fabriquer des poisons par une sorcière.
C'est en 1326 que le pape Jean XXII promulgue la bulle Super illius specula qui précise que les pratiques magiques et la sorcellerie sont désormais assimilés à l'hérésie. C'est une nouvelle voie ouverte aux inquisiteurs qui marque le début de la chasse aux sorcières.


Le bouc symbolise le diable
devant lequel
les adeptes se prosternent
(scène tirée du
Traité de péché de vauderie)
 

La chasse aux sorcières


Le phénomène ne va pas cesser de s'amplifier pendant deux siècles, ponctué de nombreuses étapes importantes. Le premier effet est la croissance exponentielle de la publication de traités de démonologie qui atteindra un sommet en 1486 avec la publication du fameux Malleus maleficarum (marteau des sorcières) par Henri Institor et Jacob Sprenger, inquisiteurs de Cologne. Deux ans auparavant, le pape Innocent VIII avait promulgué la bulle Summis desiderantes affectibus, véritable exhortation à combattre la sorcellerie.

Le milieu du XVème siècle, et plus particulièrement la période 1420-1480, va voir une recrudescence des procès pour sorcellerie. Ces procès touchent toute l'Europe. En France, ils affectent plus particulièrement le Dauphiné, la Lorraine, et dans une moindre mesure, les Flandres.

En 1539, la procédure inquisitoriale est clairement codifiée, et introduite dans la juridiction française via l'ordonnance de Villers-Cotterêts.

 

Jusqu'au milieu du XVIIème siècle, les bûchers ne vont cesser de se multiplier dans toute la France. Les guerres de Religion et la Réforme, alliées aux guerres, famines, épidémies créent un sentiment d'insécurité. Les sorcières sont alors les victimes toutes trouvées. Cette répression touche toutes les couches de la population, riches ou pauvres, hommes ou femmes. Toutefois, l'image type de la sorcière est bien, à une écrasante majorité, la femme, pauvre, seule et de préférence laide.

Toutefois la fin du XVIème siècle et le début du XVIIème siècle vont connaître un apaisement progressif de cet acharnement. Le Parlement de Paris interdit l'épreuve de l'eau en 1601, et il atténue à plusieurs reprises les condamnations. En 1657, le pape dénonce les abus dans les procès de sorcellerie. A partir du milieu du XVIIème siècle, de nombreuses interventions du Conseil du roi viendront tempérer, les accusations. Ce n'est qu'en 1682, grâce aux efforts de Colbert, qu'un édit du roi mettra un terme à l'existence du crime de sorcellerie.

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