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VILLERS-BRETONNEUX

Marché sur la place de la mairie

Le marché est toujours une affaire importante. Dans les campagnes, il ponctue la vie des paysans qui s'y préparent plusieurs jours à l'avance. A l'heure dite, on entasse dans les carrioles, les sacs de grain, les volailles ligotées par les pattes, les lapins dans les paniers d'osier, le beurre, le fromage, les oeufs et le miel, bref, tout ce qui peut être vendu et l'on se met en route. Qu'il pleuve ou que le ciel soit clair, on emporte avec soi le grand parapluie noir. Ferme de la Couture

A Villers-Bretonneux, c'est la cohue. Musique des marchés.
Les bêtes se répondent, intriguées de voir tant de monde,
vexées d'être ficelées, soupesées, tâtées.


Place de la mairie Les hommes parlementent, lorgnent la marchandise, essayent de trouver le défaut qui permettra de faire baisser le prix. Ici, ce sont des cris d'indignation parce que le maquignon est un étrangleur; ailleurs, une paysanne s'emporte d'une colère feinte parce que la bourgeoise regarde ses oeufs avec insistance: comme si l'on pouvait mettre en doute la fraîcheur de sa marchandise !
De temps en temps, un geste furtif, une main qui s'en va dans le fond d'une poche, un pouce que l'on mouille pour compter des billets, une bourse qui se délie: l'affaire est conclue, mais quel déchirement que d'avoir à payer !



La Gare


Faisons une halte dans la petite gare de Villers-Bretonneux. Pas de cathédrale à visiter ici, pas de musée non plus.
Juste un petit monument, pour que l'on n'oublie pas...
C'était le 27 novembre 1870. Quelques jours plus tôt, la 1ère armée allemande, sous les ordres de Manteuffel, avait entrepris de marcher sur Amiens. 45000 hommes en face desquels les 17000 soldats du général Farre et les 8000 hommes de la garnison d'Amiens ne pesaient pas lourd. Le 27, Farre fut attaqué sur sa droite à Dury, au centre à Villers-Bretonneux. Malgré le soutien de l'artillerie, le général fut débordé par la cavalerie allemande et contraint de se replier derrière la Somme. Trois jours de combats, 1500 morts de chaque côté, 1200 prisonniers français. Le 28, Manteuftel entrait à Amiens...

Le train repart. Tout cela est si loin et l'on ne saurait vivre de souvenirs, surtout lorsque ce sont de mauvais souvenirs. On fait taire les vieux, ceux qui ont connu le 27 novembre. Ce jour-là, ils portaient un pantalon rouge.
La gare

1914-1918 . La Grande Guerre



Les troupes allemandes avaient occupé le département jusqu'au 27 juillet 1871. Elles devaient y revenir à nouveau en 1914 pour y semer la ruine et la désolation.
Quelques cartes postales usées par le temps et l'indifférence !
Voila tout ce qu'il reste de cette ville où mes ancêtres paternels ont vécu, pendant de nombreuses générations, une vie, certainement difficile et rude, mais ô combien paisible.

Une rue
Rue des tavernes
Rue de la Gare
Une rue
Une rue
Rue de la République

1914-1918 . La clef de voute
La route d'Amiens Villers-Bretonneux est situé à 15 km à l'est d'Amiens. Il constitue du point de vue géographique un lieu de passage obligé pour atteindre la capitale picarde, porte d'accès à la mer à l'ouest et à Paris au sud. Après une guerre d'usure qui dura de longs mois, le 21 mars 1918, les Allemands réussissent à rompre le front de Saint-Quentin. Les Anglais reculent et le flot d'Allemands progresse de jour en jour vers Amiens.
La route d'Amiens
 
Le 24 Avril 1918, quelques rares tanks allemands (les premiers de l'histoire) et l'infanterie ennemis prennent Villers-Bretonneux. Deux bataillons allemands occupent la ville.

1914-1918 . Le tournant de la guerre

Deux brigades australiennes, la 13ème sous le commandement de William GLASGOW et la 15ème sous le commandement de "Pompey" Elliot, sont appelées en renfort. Leur tâche : reprendre Villers-Bretonneux, point vital de la ligne alliée. Ce sera chose faite le 25 avril, jour anniversaire de l'ANZAC day.

Australian and New Zealand Army Corp

ANZAC Day - Le 25 Avril - est la journée nationale australienne la plus importante. Il marque l'anniversaire de la la première action militaire importante des Forces Armées Australiennes et Néo-Zélandaises pendant la première guerre mondiale. Les combattants de ces Forces, fiers de leurs actes, devinrent rapidement connus sous le nom d'Anzacs. Une fierté qui continue aujourd'hui dans les deux pays.
Pourquoi cette journée est-elle si particulière pour les Australiens ?
Quand la guerre commença en 1914, l'Australie était une nation jeune. Son peuple devait s'établir une réputation vis-à-vis du reste du monde.
En 1915, les soldats autraliens et néo-zélandais prennent part à l'expédition des Alliés pour prendre la péninsule turque de Gallipoli, et ouvrir la voie de la Mer Noire aux navires alliés. Ils arrivent à Gallipoli le 25 Avril. Les nouvelles de Gallipoli eurent un profond impact sur la population australienne restée au pays. Le 25 Avril devint rapidement le jour où les Australiens se remémorèrent le souvenir de ceux qui étaient morts au combat.

1914-1918 . Le général qui défia les Anglais

Quand les deux brigades australiennes furent appelées en renfort, Glasgow alla rencontrer le général Heneker, commandant la 8ème division britannique, pour discuter du plan de bataille.
Il dit à Heneker qu'il avait décidé d'attaquer vers l'est en passant entre le bois et Cachy, puis au sud du bois et de Villers-Bretonneux.
"Vous ne pouvez pas faire cela" lui répondit-on. "Le commandement dit que l'attaque doit être menée de Cachy". Glasgow répliqua qu'il ne pouvait pas le faire de cette façon.
"Dites-nous ce que vous voulez que nous fassions", dit-il, "mais laissez nous faire comme nous voulons". Il fut décidé que l'attaque se ferait comme il le voulait.
Glasgow n'en avait pas terminé avec Heneker. Comme il partait, il demanda au commandant britannique : "A quelle heure ?". Glasgow proposa que l'attaque commence à 22h30. Mais Heneker répliqua qu'il voulait commencer à 20h00. Glasgow fit remarquer que c'était juste quelques minutes après le coucher du soleil, et que les Allemands verraient assez clair pour voir les troupes australiennes se masser sur la ligne d'attaque.
Heneker se référa à nouveau au commandement qui, dit-il, "voulait que cela soit fait à 20h00". Après de nombreuses tergiversations avec le général Butler, le compromis fut trouvé pour 22h00.
L'attaque qui s'ensuivit contre les Allemands fut un succès total. Le 25 avril même, Villers-bretonneux était encerclée par les Alliés. Le 27 Avril, la ville était reprise. L'obstination de Glasgow avait transformé une défaite potentielle en une brillante victoire.


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